Thérapie manuelle en orthophonie et en logopédie

Généralités sur le geste manuel

Le geste manuel bien conduit permet une représentation directe de l’espace tridimensionnel et l’accès à la perception des mouvements qui échappent à notre système de capture visuel et auditif des informations spatiales. La main va « lire » les mouvements dans cet espace tridimensionnel et dynamiser les informations proprioceptives qui en émanent. Cette addition d’informations va nourrir la réponse motrice. Dans cette même démarche, le geste manuel doit atteindre la fonction en libérant les contraintes mécaniques de l’ensemble des éléments impliqués dans sa réalisation.

Ces éléments - ligaments, membranes, muscles, os, cartilages - sont les supports matériels des espaces fonctionnels, lieux stratégiques des fonctions vitales de la respiration et de la succion-déglutition.

Au-delà des objectifs thérapeutiques comme la libération de contraintes mécaniques, l’amélioration de la proprioception et donc de l’information, des effets collatéraux positifs peuvent être attendus par l’intermédiaire des facteurs environnementaux généraux à savoir :

- une amélioration de la vascularisation qui fournit les métabolites et l’oxygène aux tissus à distance et qui élimine les toxines ;

- une amélioration de l’innervation, responsable de la « communication » inter- et intra-tissulaire.

 

L’utilisation de la main a donc plusieurs objectifs,

Diagnostique :

- établir un diagnostic des hypo- et des hyper-mobilités, au niveau locorégional (par exemple, la mobilité de l’os hyoïde ou de l’A.T.M.) et au niveau global (par exemple, la mobilité de la ceinture scapulaire ou la disponibilité posturale céphalo-cervicale, le diaphragme…),

- évaluer les déficits kinesthésique et proprioceptif : le patient perçoit-il correctement le mouvement ? est-il capable de contrôler la réalisation d’un mouvement fin (par exemple, de petits mouvements de diduction mandibulaire) ? a-t-il une bonne perception du niveau postural de repos (par exemple, la suspension de la mandibule sans contact dento-dentaire) ? sent-il l’aide proprioceptive appliquée par le contact manuel du thérapeute pour orienter un mouvement ?

Ce bilan peut se réaliser hors fonction (au repos, en respiration calme de volume courant) et en fonction (déglutition, respiration rapide, émission de sons…). La différence de résultat entre les deux états a en soi une valeur diagnostique. La disponibilité d’une structure est différente dans sa posture de repos ou lors de son recrutement dans la réalisation d’une fonction.

Thérapeutique :

- apprécier la texture des tissus (contracturés, fibreux, spongieux…),

- normaliser les pertes de mobilité par des techniques appropriées,

- potentialiser les sensations kinesthésiques et proprioceptives par le contact pour orienter le mouvement,

- aider ou remplacer le moteur (la contraction musculaire) du mouvement en cas de parésie ou de paralysie.

 

 

L’enseignement

Au centre de l’enseignement, la démarche clinique inclut le diagnostic manuel et le traitement des déséquilibres tensionnels des organes impliqués dans chaque fonction étudiée : la respiration, la déglutition, la phonation, l’occlusion et la posture.

Deux axes à cet enseignement : la connaissance anatomo-physiologique approfondie et l’éducation de la main à une lecture tissulaire fine. Cela autorise l’accès à un diagnostic évolutif et implique un traitement lui aussi évolutif. Chaque session aborde les notions de phylogenèse et d’ontogenèse, l’anatomie palpatoire et fonctionnelle, la biomécanique, la neuro-physiologie, la sémiologie, les techniques d’examen et les techniques de normalisation des dysfonctions.